mercredi 26 janvier 2022

 

Radio broadcasting as a distance learning device? 


Radio, an old, simple, daily and very effective technology that keeps the link with the communities (parents and students) and the school. It is a medium that is widely used to disseminate knowledge. 
Generally, when we think about the design of a distance learning device, we tend to look at what is newly invented as a support tool for the device instead of thinking about the public for whom the teaching is designed. The essential question to ask in distance learning design situations is how to make the training accessible at a distance? 

In this sense, the technology to be used to support the training should be that of appropriation and not of invention. If in one context digital platforms, social networks or LMS seem to be appropriate in other contexts, it is important to turn to older and better adapted alternatives such as podcasts, radio broadcasting or educational TV. Appropriation technologies are those that allow us to conceive of continuity in learning and not to understand technological invention. 


Edgerton (2006, 2008) suggests making the difference between innovation and usage to understand the situation. The maximum use of a technology is often reached years after its invention. Consider the case of bicycles versus buses or subways in a large majority of formerly industrial societies. The postal service, which is very widespread, as opposed to the use of e-mail (
Edgerton 2008).

This is also to think about the difference between use and utility. When there is an exaggerated emphasis on the revolutionary effects of new computer and digital inventions without leaving room for alternative solutions, this has the effect of paralyzing initiatives. In these contexts, individuals develop the feeling of being unable to align themselves with innovations, with modernity. They prefer to lock themselves into the routine they have mastered instead of innovating alternative ways adapted to their realities. But it is precisely in order for innovation to endure that alternative processes must be favored. 


Today, let's talk about Educational Radio in distance learning.

Community radio is supported by the community/local actors with the same local and cultural interests. It allows the dissemination of knowledge within the framework of distance learning.
Setting up a distance education system through community radio can be very beneficial in difficult and precarious contexts. It is an accessible, low-cost technology (it can be battery-operated, hand-cranked, or solar-powered)


How to think about radio broadcasting in the context of distance education?

Some radios have set up listening clubs and children used to meet in dedicated spaces (church, temples, town hall etc.) to attend classes. 
Radios are also used in conflict areas where children are in hiding but can continue to learn by listening to the radio. 

The voice/sound... are very important elements in the implementation of a radio broadcast learning device. It's not the same as creating content to broadcast on TikTok or WhatsApp...or even on Youtube. It is not possible to draw visual attention to a particular point of the course. You will have to look for other learning strategies.  Scripts should be prepared with this in mind.

Courses are developed by teachers and aligned to national curricula but must also take into account the particular context. Context needs to be seen in terms of environment, cultures, resources, language, vectors, practices etc.  
It is necessary to be trained in distance learning engineering: to use other media (recompose training sequences, voice, tools, etc.) according to the medium that exists. The importance in a distance learning situation is to know how to personalize the relationship despite the distance.
How to create the link? 

 

 

vendredi 26 novembre 2021

L'apprenant émancipé

L'apprenant émancipé 😉

L’acte explicatif s’il est révélateur ne garantit pas forcément une compréhension de celui à qui quelque chose a été révélée. La compréhension passe par un processus de négociation entre ce qui est observé et ce qui fait sens pour celui qui apprend. Donc toute démarche de compréhension passe par l’émancipation de l’apprenant. Cette émancipation est soumise à la volonté de l’apprenant. En d’autres termes l’apprenant doit prendre conscience du pouvoir de son esprit à apprendre par lui-même sans qu’il ne soit obligé d’être assujetti aux perceptions d’une autre personne : « il n’y a aucun individu sur terre qui n’ait appris quelque chose de de lui-même sans maitre explicateur » Rancière (1987, p. 30).

L’enseignement conçoit l’acte d’apprendre comme un phénomène à canaliser, à contrôler, à rythmer selon un certain ordre et qui ne prend effet que dans un cadre qui définit ce qu’il faut apprendre, à quel rythme et selon quelle méthode tout ceci sous le regard bienveillant d’enseignants explicateurs dont le rôle consiste à associer le discours oral à la parole écrite pour la rendre explicite. Selon ce modèle, on conçoit que l’apprentissage doit se réaliser par phases (acquisition ; mémorisation ; compréhension ; restitution ; synthèse etc.) et on développe des critères pour mesurer évaluer les connaissances acquises. 

Pourtant, les recherches portant sur le life long learning révèlent de manière explicite que l’être humain apprend le mieux ce qu’il aura vécu de lui-même « dans le contexte d’une expérience vécue dans le monde » (Wenger, 2005, p. 2) : la langue maternelle, la communication, s’habiller, exécuter une tache ménagère etc. Or voici que cette même intelligence qui a servit à acquérir des compétences fondamentales d’intégration dans le monde sans le secours d’un enseignant ne peut plus servir à apprendre seul des matières dites spécialisées. ET si on pensait à adopter une démarche différente ? 

Toutes sciences, art etc. est le fruit d’une même intelligence (Rancière, 1987)

Que celui qui cherche à enseigner ou à expliquer adopte l’attitude ignorante de celui qui ne sait pas afin que s’éveille chez l’autre le pouvoir de son intelligence. Que ce dernier « prenne la mesure de sa capacité à en faire usage. Qui enseigne sans émanciper abruti et qui émancipe n’a pas à se soucier de ce que l’émancipé doit apprendre. Il apprendra ce qu’il voudra…rien peut-être mais saura qu’il peut apprendre [et que son apprentissage passe par sa volonté intrinsèque d’abord] » (Rancière, 1987, p. 33).

Les maitres intelligents sont les maitres ignorants qui par leurs questions guident discrètement leurs apprenants. Ces questions ont pour but de commander une parole, c’est-à-dire le réveil d’une forme d’intelligence qui jusque là s’ignorait. Il ne faut pas confondre ce questionnement au socratisme dont le but est d’instruire ! Cette démarche ne met pas en confrontation deux esprits : l’un savant et l’autre ignorant. Un qui sait et l’autre qui doit être accompagné selon des degrés de difficultés que l’on formule préalablement et en l’absence de celui à qui est destinée la maitrise des difficultés à apprendre. Pas étonnant que dans ce processus, nombreux sont ceux et celles qui en ressortent avec la certitude qu’apprendre est ardu ou tout simplement qu'ils sont nuls pour apprendre 😏!

 Le questionnement dont il est fait mention, ici, comprend une démarche qui met en relation deux esprits qui cherchent à connaitre et  à s’émanciper.

Nombreux sont mes compatriotes haïtiens qui aiment témoigner du fait qu’ils n’avaient jamais su que leurs mères (les foyers en Haïti sont majoritairement représentés par des femmes) qui leur apprenaient leurs leçons et qui fronçaient les sourcils lorsqu’ils butaient sur certains mots ou faisaient des pattées dans leurs cahiers de devoirs, ne savaient au fait ni lire ni écrire. Plusieurs de ces enfants sont aujourd’hui des professionnels ayant bien réussi leur vie et quand on demande aux mères d’expliquer leur magie, elles rétorquent souvent dans un éclat de rires :  

-je ne sais ni lire, ni écrire et pourtant j’ai bien éduqué un ingénieur, un médecin, un avocat.

 -Le soir tout le monde devait s’assoir pour apprendre leur leçon et moi je supervisais. Si tu marmonnais ou que tu buttais sur des mots c’est que tu ne le savais pas. Alors je demandais de reprendre jusqu’à ce qu’il soit dit avec fluidité et compréhension. C’est ça ma magie !

Comment savaient-elles quel mot était mal lu ? Comment savaient-elles identifier les difficultés ?

L’essentiel, comme elles le mentionnent se trouvent dans l’engagement ou encore l’investissement à la tâche. Dans leur démarche, les mères ne peuvent pas savoir ce que leurs enfants apprenants savent ou ne savent pas « il faut être savantes pour juger des résultats du travail d’un autre » mais elles s’attardent sur l’importance de chercher à savoir ou de bien faire son travail. Est-ce que l’enfant fait attention à ce qu’il apprend ? voilà l’essentiel de toute démarche émancipatrice. La liberté de découvrir de soi-même en étant conscient de sa progression. En d’autres termes faire attention revient à s’appliquer, à vérifier, à reprendre, à discuter, à partager sa réflexion jusqu’à ce que cela soit signifiée et comprise.

Je suis donc je pense : la pensée n’est pas un attribut de la substance pensante, elle est un attribut de l’humanité (Rancière, 1987, p.62)

L’être émancipé n’est ni omniscient ni savant il est juste conscient de la manifestation de son pouvoir intellectuel et de l’égalité de son intelligence à celle de tout autre.

Comment atteindre l'émancipation 

Si les potentialités humaines à l’apprentissage sont universelles elles se manifestent néanmoins de manière multiple, selon des démarches diverses qui dépendent du contexte, du parcours et de la culture générale. En effet, tout apprentissage prend acte dans un environnement donné qui influence à son tour le processus même de l’apprentissage. En d’autres termes : le milieu, l'histoire, les acteurs et leurs rôles, leurs organisations et interactions, les objets les infrastructures qui existent etc. rentrent en ligne de compte dans l’expression, la forme et l’orientation que prend l’acte d’apprendre. L’apprentissage dans ce contexte consiste à prendre conscience non seulement de sa faculté à apprendre mais aussi des conditions, du rapport avec les autres autour et de ses interactions avec son environnement afin de pouvoir bien orienter son apprentissage et d'atteindre le but fixé. L’apprentissage devient, en effet, compétence quand est atteint un niveau de maitrise à reconnaitre rapidement les ressources qui existent dans son environnement pour atteindre un but fixé.

Cette action est façonnée ou conditionnée d’une part : par un ensemble de contraintes qui diminuent les degrés de liberté, donc la dimension de contrôle et d’autre part par la perception de ce que l’environnement peut offrir. Ceci désigne le concept d’affordance (Gibson, 1979). L’acte d’apprendre est-il donc assujetti à trois sources de contraintes : l’individu (son parcours, sa culture) le contexte et l’environnement dans lequel l’acte d'apprendre prend forme et la tache qui doit être effectuée. En ce sens « tout apprentissage renvoie à la construction d’un ensemble d’affordance » (Bril, apprentissage et contexte, 2002, p. 255).

Cela dit, reprendre la même tache dans un contexte différent qui demande de prendre en compte une routine, des symboles, des interactions décontextualisées peut aboutir à une performance différente. « Le processus d’apprentissage nécessite la possibilité d’expériences répétées correspondant à un comportement exploratoire ou stratégie de recherche » (Bril, 2002, p. 256) comme dans le cas des mères émancipatrices. 

L’apprentissage émancipé requiert la compréhension des contraintes qui existent et des lois qui les régissent. Le développement d’habiletés motrices démontrent assez bien qu’un individu « n’apprend pas en perfectionnant une stratégie mais en construisant des stratégies qui sont fonction de ses compétences » (Bril, 2002, p. 257).

Le processus de découverte de son pouvoir intellectuel ou le processus d’émancipation de l’individu passe par une diversité d’expériences organisées en stratégies et sa capacité à évaluer les contraintes et les ressources de son environnement (affordance) pour atteindre son but.


« Black Lives Matter »? Is that true?




 « Black Lives Matter »? On est d’accord que ce mouvement est d’abord une affaire de blancs ? Avant que vous ne me jetiez au bucher prenons le temps de déplacer le problème et d’en discuter ouvertement en Haïti. Le pays record du taux élevé d’insécurité en Amérique et les Caraïbes; Le pays record pour l’insécurité alimentaire, l’insalubrité, l’hygiène et on en passe .. C’est le peuple noir le plus mal loti depuis plusieurs générations et qui n’arrête pas de crier son étouffement mais dont le sort n’intéresse pas la communauté internationale.  Pourquoi ce parallèle avec la cause des noirs aux États-Unis? La réponse est simple: Je me pose la question à savoir en quoi la cause (cause qui soit fait justifiable je n’en disconviens pas) de cette communauté serait plus prestigieuse de sorte à mobiliser le monde autour de leur sort alors qu’une autre communauté noire tout à côté dépérit silencieusement depuis des siècles. Certains prétendent que les ressources ne peuvent pas être disponibles et disposées pour tout le monde en même temps : donc pour les rassemblements physique et sur le web, les pétitions et les mouvements de protestation et surtout les salaires des médias on n’oserait pas investir pour présenter dans le journal du soir des êtres humains, trop longtemps opprimés, qui se révoltent pour réclamer le droit de vivre dignement. Mais il est tout a fait possible d'investir et payer énormément pour les présenter régulièrement comme une bande de sauvages destructeurs, les plus pauvres de l’hémisphère Nord si ce n’est pas du monde ! Donc les ressources peuvent être investies mais tout dépend de ce que l’on veut vendre. Et ceux et celles qui disposent de ressources importantes n’ont jamais été des noirs. Donc on est d’accord ? Black Lives Matter c’est une affaire de blancs ? Non, toujours pas ?

Alors, allons en discuter au Vénézuala, au Méxique, en Syrie, au Liban, au Togo, au Centrafrique, au Burkina Faso, en Ouganda, au Tchad, au Yemen, en Guinée au Mali, au Niger… allons constater comment la suprématie blanche domine et écrase des peuples depuis des siècles. Comment, malgré les discrédits, les discriminations, le manque de ressources, ces peuples continuent de se mobiliser sans que le monde n’ait jamais senti le besoin de se solidariser massivement à leurs causes. Ce ne sont pas les mêmes causes vous me direz et vous aurez parfaitement raison. Car eux ils dénoncent les longues années d’exploitation à outrance de leurs sols, les décennies de guerres pour les déposséder de leurs territoires. Ils dénoncent les ingérences des pays occidentaux blancs dans leurs affaires internes pour le contrôle de leurs politiques de leurs trésors. Ils dénoncent les gouvernements corrompus travaillant à la solde des blancs riches et dominants ; gouvernements qui placés au contrôle de leur état. Ils dénoncent l’impérialisme, ils dénoncent le paternalisme. 

Reconnaitre la cause profonde de ces révoltes de ces peuples, reviendrait à accepter de renoncer à trop de privilèges : les téléphones portables, les voitures, les montres que vous produisez et que vous arborez à coup d’exploitations illégales chez eux. Ce serait accepter de ne plus déverser vos déchets dans leurs eaux afin de garder vos villes propres. Ce serait accepter de ne plus abattre leurs forets pour vos exploitations,  vos constructions de villes écologiques ; démantelez leur agriculture au nom de votre sacré saint néolibéralisme qui au final n’enrichit que vous. Ce serait cesser de voir en eux des immigrants bons marché pour vos industries, pour maintenir vos mégapoles. Ce serait renoncer aux paradis fiscaux, aux systèmes esclavagistes sous formes d’aides internationales. Ce serait repenser l’ordre mondial et ...ce serait intolérable. D’ailleurs, c’est quoi un noir impérialiste si ce n’est qu’un blanc mal déguisé ? Le black lives matter mouvement défend un système impérialiste dans lequel le noir américain est maintenu exclu depuis des centenaires pour des raisons ethniques ou pas. Mais quoi qu’il en soit, il s’agit du même système utilisé pour opprimer les autres peuples noirs à travers le monde. Alors, au final, le BlackLives matter est bien une affaire de blancs … Foutez-moi donc ma paix.  

mercredi 2 septembre 2020

Processus d'Apprentissages en situation informelle via l'utilisation des NTIC: projet de recherche

 

Processus d’apprentissages en milieu informel via l’utilisation des TIC

Valérie PAYEN JEAN BAPTISTE

Université de Genève 

valerie.payen@etu.unige.ch

Nicolas Nova

HEAD – Genève

nicolas.nova@hesge.ch

Daniel K. Schneider

Université de Genève

daniel.schneider@unige.ch

Objectif de la recherche

Cette thèse est centrée sur l’observation et l’analyse des processus d’apprentissages dans un contexte informel. L’objectif principal consiste à rendre compte des processus d’apprentissages et de développement de compétences en milieu informel via l’utilisation des TIC. Sur une échelle plus large, cette recherche vise également à apporter de nouvelles connaissances au concept de l’apprentissage en milieu informel et apporter des réponses appropriées aux réflexions sur la reconnaissance et la valorisation des savoirs et compétences acquis en milieu informel et des besoins diversifiés d’apprentissages des individus.

Contexte

Pour explorer l’objet d’étude, le secteur économique informel de la vente et de la réparation des téléphones mobiles en Haïti fut retenu comme milieu d’observation. En effet, ce secteur économique informel qui a pris naissance en Haïti, plus ou moins au début du 21ème siècle est surtout caractérisé par l’auto-organisation de la population (Rameau, 2014).  Il regroupe plusieurs acteurs de profils, de parcours multiples et diversifiés, plus ou moins qualifiés dont l’agir est affecté par l’imprévisibilité, le manque d’infrastructures et de ressources. Ils sont généralement munis de gadgets numériques et de matériels rudimentaires et exercent leurs fonctions de manière spontanée en apprenant sur le tas, entre pairs et via l’internet branché sur leur téléphone, leurs tablettes ou leur PC.  Ils constituent ce que Houston (2019) qualifie d’écologies of knowledge, en d’autres termes, ils représentent des communautés alternatives de réparation de téléphones mobiles où des techniciens indépendants travaillent dans l’absence de connaissances spécifiques sur les machines qu’ils réparent (Houston, 2019).  Les structures d’organisations, de production et les processus de transmission de savoirs dans ce milieu émergent de la volonté des acteurs d’interagir entre eux et non d’une forme d’organisation prédéfinie.

 Ainsi, ce milieu par sa complexité et sa particularité offre le contexte idéal pour observer le phénomène à l’étude au quotidien. L’appareil téléphonique, dans ce milieu, est utilisé à la fois comme accessoire, une activité de revenu et de networking, comme moyen pour apprendre le métier et développer de nouvelles compétences. Les connaissances générées dans ce milieu sont donc tributaires des activités d’appropriation, d’exploitation, et de transformations exercées sur et avec l’outil téléphonique par les acteurs mais aussi de la structure et de l’organisation du milieu ainsi que des interactions sociales qui s’y déroulent.

 Cadre théorique 

Dans le cadre de cette recherche, le concept de l’apprentissage informel est étudié au regard de trois axes théoriques spécifiques en vue de bien l’appréhender et d’en dégager une compréhension approfondie.

D’abord, la théorie instrumentale de Rabardel (1995) offre un cadre conceptuel assez pertinent pour analyser les activités mobilisées par les techniciens de la vente et de la réparation dans l’exercice de leur métier : les rapports de compréhension, de manipulation des instruments pour se les approprier; les activités d’instrumentations et d’instrumentalisation ainsi que les rapports avec les autres pour le commerce et l’organisation du travail.  

Ensuite, pour expliquer les relations entre les actions mobilisées, les structures sociales, les ressources et les contraintes existantes et leur influence sur les processus de transmission et d’apprentissages des savoirs nécessaires à l’exercice du métier la théorie de la communauté de pratiques de Wenger (2005) est mobilisée

Et enfin, l’étude des facteurs influençant le développement des compétences dans le milieu et pour dresser un socle des compétences acquises en vue d’une éventuelle reconnaissance de leurs valeurs sera explorée à partir des approches théoriques de développement et d’évaluation des compétences proposées par LeBortef (1998) et Dominice (1999).


Figure 1: les trois axes d’approche de la recherche pour l’étude de l’apprentissage en milieu informel

Question principale de recherche

Par rapport à l’objectif de recherche qui est de rendre compte des processus d’apprentissages en situation informelle, la question de recherche se pose pour savoir quelles sont les actions, les interactions, les modes d’organisation, les trajectoires qui influencent l’apprentissage et le développement de compétences des vendeurs, des réparateurs et fabricants de téléphones mobiles sur le marché informel en Haïti ?

De cette question principale découlent trois questions spécifiques :

1-       Quelles sont les actions mobilisées dans le cadre d’apprentissage informel avec les technologies mobiles de l’information et de la communication?

2-       Comment le contexte social et les interactions socio-culturel influencent-ils le processus d’apprentissage informel et le développement des compétences professionnelles? 

3-       Comment les trajectoires scolaires, familiales et socio-culturelles influencent-elles le développement des compétences ?

Méthodologie de la recherche

Afin de pouvoir répondre à la question de recherche, j’ai mené une recherche ethnographique en immersion sur plusieurs sites d’observations différentes selon l’approche ethnographique itinérante multi située (Marcus, 1995) sur deux années consécutives : 2017 – 2019. La recherche ethnographique itinérante multi-située (Marcus, 1995) revient à observer et étudier l’objet de recherche sous différents aspects et à travers plusieurs sites différents de sorte que les données collectées soient appréhendées de manière à faire ressortir et à interpréter les patterns et contrastes découverts. L'ethnographie multi-située implique un champ spatialement (culturel) dispersé à travers lequel l'ethnographe se déplace, via des séjours dans deux endroits ou plus au moyen de techniques de juxtaposition de données (Falzon, 2016, p. 2). Cette approche ethnographique offre la possibilité d’éviter une généralisation hâtive dans la mesure où chacun des sites observés offrent des spécificités par rapport à l’autre. En plus des d'observations de terrain et des d'entretiens réalisés avec les acteurs du milieu informel de vente et de réparation de téléphones mobiles, je participai aux échanges des participants sur des groupes WhatsApp ce qui me permit de collecter de riches informations sur les processus de partage de savoirs, les modes de réseautages de négociations, de marketing, de commercialisation des produits en ligne.

La méthode de recherche ethnographique itinérante multi située, me permit d’explorer en son contexte et de manière approfondie les pratiques des professionnels dans la vie courante. Elle me permit également de construire un riche répertoire de données constituées de notes de terrain, de vidéos et d'images sur les pratiques, les interactions, les modes d’organisation et de développement de compétences des professionnels de la vente et de la réparation des téléphones mobiles évoluant dans des communautés différentes en termes de culture d’organisations et d’interactions.

Le tableau suivant synthétise les différents procédés qui ont été utilisés pour collecter les données sur le terrain et construire mon matériau de données empiriques. 

 Tableau1 : synthèse des méthodes et types de données collectées de 2017 à 2019

Méthodes

Justificatif

Outils

Types de données

Observation Participante

Cette méthode me permit d’observer les usages du téléphone portable par les techniciens, les interactions sociales, les modes d’organisations, les connexions qui existent entre les différents sites, les conversations et de saisir le sens donné au travail qui se réalise.

  • Grilles d’observations
  • Enregistrements vidéos et Photos
  • Journal

Textes

Images

Sons

Vidéos

Observation en ligne

Le but poursuivi fut d’observer 1) les modes de partage de connaissances ; 2) les intérêts pour les formations ; 3) les modes d'interactions sociales sur le réseau social et 4) les réseautages.

  • WhatsApp

Textes

Images

Sons

 

Entretiens

Les entretiens furent réalisés dans le but de comprendre les modes d’organisation, le déroulement des activités, les taches des professionnels, leur intégration sur le marché, leurs interactions avec le milieu et aussi leurs trajectoires professionnelles et académique.

 

  • Entretiens semis dirigés
  • Entretiens ouverts

Textes

 

Le choix de ces méthodes me permit de construire une richesse de données et c’est sur cette base que j’ai pu cibler le matériau d’enquête et développer le fil conducteur de mon interprétation pour l’analyse.

Traitement et analyse des données

L’intégralité des entretiens réalisés furent transcrits et codés sur Atlas. Ti. Dans un premier temps, les concepts clés à explorer furent d’abord identifiés de manière à dégager du matériau de recherche les dimensions permettant de répondre à l’objectif de la recherche.  En ce sens, les concepts tirés du cadre théorique que l’on souhaite analyser furent délimités et à cela furent associées les données de la recherche qui convergent le mieux vers chaque axe théorique pour une première démarche de leur interprétation.  

Une première analyse des données codées permit d'acquérir une meilleure compréhension du milieu et de ses acteurs. Elle a aussi fait ressortir les différentes activités qui se déroulent dans le milieu ainsi que les contrastes et les similitudes entre celles des différentes communautés. Une première représentation du système d'action du milieu informel de la vente, de la réparation et de la fabrication des téléphones mobile fut construite à partir de cette première analyse. Ce système d’action fut présenté à la conférence d’Edmedia en l’été 2019 dans un papier de conférence.

A la suite de cette première période d’analyse de données, une nouvelle vague d’entretiens et d’observations de terrain fut conduite pour préciser les éléments restés confus. Le processus de codage des 162 documents (entretiens, images, discussions) sur Atlas.ti généra 2031 quotations. Les thèmes et les codes (appelés sous-thèmes) furent construits et insérés dans un tableau pour l’analyse thématique descriptive et interprétative des données. De plus, les unités significatives associées à chaque sous thèmes sont aussi insérées. Pour réaliser l’analyse descriptive, j’identifiai pour chaque thème, les discours théoriques utilisés pour le définir. Ensuite, pour effectuer l’analyse interprétative des données, j’examinai les diverses significations du concept thématique, tirées du contexte de la recherche. L’attention fut alors portée sur « les différentes situation (ou sujets) auxquelles le concept s’applique, à quelle condition il peut s’appliquer et quelles nuances (ou modalités de sens) cette application introduit par rapport à [l’objectif de la recherche] » (Van der Maren, 1996p. 139). Je comparai donc les occurrences théoriques des concepts avec les significations trouvées sur le terrain.

Résultats préliminaires

L’analyse thématique descriptive et interprétative des données de la recherche servira de guide pour  1) construire le système d’action engagé pour produire des connaissances et développer des compétences dans le milieu informel de la vente et de la réparation des téléphones mobiles en Haïti, 2) pour élaborer le socle de compétences acquises dans l’exercice du métier en particulier dans l’appropriation des outils informatiques et les rapports avec les clients, et 3) pour  présenter le mode de système d’apprentissage et aussi qu’un répertoire des facteurs influençant ces apprentissages et le développement des compétences en situation informelle.

Les premiers résultats de l’analyse du matériau de recherche offre des pistes intéressantes pour comprendre les actions, les organisations et interactions sociales qui se mettent en place dans le développement professionnel en milieu informel de travail et d’apprentissages. Les premières interprétations des données fait ressortir, par exemple, que l’efficacité des communautés de réparateurs et de vendeurs repose sur des pratiques de collaboration, de réciprocité et que leur processus d’apprentissage du métier passe par des mécanismes d’auto-formation, d’auto-régulation, d’adaptation et d’interculturalité. D’autres concepts périphériques tels que : l’accompagnement, l’expérimentation, l’auto-efficacité, la motivation etc. émergent également de l’analyse des pratiques de ces communautés. L’ensemble de ces concepts offre un cadre assez riche pour aborder la question de l’apprentissage informel d’un point de vue théorique. Sur une échelle plus large, les résultats de cette recherche permettront d’approfondir la réflexion sur la reconnaissance des apprentissages informels et d’apporter des réponses appropriées aux besoins d’apprentissages diversifiés des individus.

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